Changeons le tour de France

Changeons le Tour de France ! 

  

Depuis maintenant deux ans, je dois avouer qu’entre les parcours du Giro et celui du Tour de France, il n’y a pas photos. Nous salivons devant celui du Giro et puis nous sommes dubitatifs en voyant M. Prudhomme présenter le tracé de la Grande Boucle à l’automne. Bien évidemment, les coureurs peuvent toujours faire la course mais soyons réaliste, dans dix ans nous nous souviendrons du Giro 2010 mais le Tour… Commençons par le Tour 2011 qui pourrait paraître intéressant dès les premiers jours avec le premier jour où l’arrivée sera jugée au Mont des Alouettes et trois jours plus tard avec l’arrivée au Mûr de Bretagne. Entre les deux vous trouverez un chrono par équipe d’une vingtaine de bornes et un sprint au terme d’une étape où sans café, vous dormirez. Et bien croyez moi ou non mais si les organisateurs avaient débuté le Tour par le chrono par équipe, les deux étapes avec arrivées en côtes (en se passant du sprint) auraient été beaucoup plus mouvementées dans la mesure où des coureurs distancés par le chrono chercheraient à regagner du temps. Pour pimenter tout cela, rien de tel que le retour des bonifications. Nous aurons par la suite la chance d’assister à quelques étapes (trois normalement) où là encore les pauvres échappées n’auront aucune chance. Enfin, les choses sérieuses commenceront mais il y a encore beaucoup de choses à redire. Vous devez peut-être me prendre pour un râleur mais à mon sens, le Tour de France peut être plus passionnant sans pour autant rendre la tâche plus difficile aux coureurs. 

Le parcours du Giro, à priori plus alléchant que celui du tour.

 

Certes, les organisateurs se plaignent du nombre de grandes villes qui ne souhaitent plus accueillir le Tour mais doit-on forcément tailler de multiples étapes où l’on connaît par avance le dénouement : un sprint massif. Une petite côte (4ème catégorie par exemple) à quinze bornes du but ne pourra que limiter certains sprinteurs et tant mieux pour la course. Je reviendrai plus tard sur le sprint « sacré » voire « mythique » pour certains, je parle bien évidemment du sprint des Champs-Elysées. Ce que je n’arrive pas à comprendre chez les organisateurs du Tour, c’est que chaque année, les sprinteurs remportent dix étapes mais rien ne bouge. Sur le Giro, les organisateurs ont modifié leur programme après que Petacchi ait gagné neuf étapes et pris une place de deux en 2004. Nous pouvons admettre que les coureurs ne font pas toujours la course, sûrement à cause d’une pression médiatique pesante que l’on ne retrouve nul part ailleurs. Les sponsors des équipes augmentent peut être également leurs exigences neutralisant ainsi les ambitions offensives de certains coureurs. Mais je le répète,les organisateurs sont fautifs à mon sens. 


Christian Prudhome présentant son tour de France

C’est pourquoi je vous propose désormais de vous pencher vers la montagne. Qui ne souviens pas du massacre des organisateurs d’un massif au profit d’un autre ? Certes, cela fait gagner les français comme Fédrigo mais bon entre une arrivée en altitude et un dernier col à 50 bornes de l’arrivée, le choix est vite fait. Si en 2010 les Alpes ont été délaissées en faveur des Pyrénées, en 2009, les étapes 8 et 9 furent un véritable massacre, j’en suis navré il n’y a pas d’autres mots pour qualifier cela. Sur l’étape 8 du Tour 2009, entre Andorre-la-Vieille et Saint-Girons (176,5km), après un départ où les coureurs devaient escalader le Port d’Anva Lira classé première catégorie, puis l’ascension du Col de Port (2ème catégorie) voilà que la dernière ascension du jour le col d’Agnès voit son sommet à 44 km de l’arrivée. Certes, il faut des villes étapes mais n’exagérons pas… Sur l’étape 9, c’est pire (eh oui !), tenez-vous bien, après l’ascension du Col d’Aspin et du Tourmalet, voilà que nous sommes gratifiés de 70 km de descente et de plat. De telles étapes ne servent qu’à une chose, baisser la valeur du maillot à pois, prendre des points se résume alors à attraper la première échappée. Parlons-en justement. Il faut réformer ce maillot à pois. Quant on voit parfois le nombre de points du porteur du maillot à Paris, cela en devient presque ridicule. Il faut à mon avis enlever une catégorie, peut-être les côtes en 4ème catégorie. Il faut de plus enlever la règle du doublage de points lors de la dernière ascension du jour. En outre, cette année, nous aurons la joie de voir les coureurs franchir l’Aubisque et le Soulor mais au sommet, il restera près de 40 kilomètres de descente et de plat… Alors, que faut-il faire ? Pourquoi pas proposer de nouveaux cols. Il y en tellement que le Tour n’a presque jamais franchi. Le Granon n’a été franchi qu’une fois, le Grand Colombier jamais. Mais bien évidemment il y a un problème, la caravane publicitaire. Le Tour de France : quand le business prime sur le spectacle. Pour une fois la caravane pourrait rester en bas mais n’y comptez pas. Il faut je pense peut-être rajouter une arrivée au sommet et éviter les arrivées en bas des cols. Les organisateurs diront qu’en haut de certains cols c’est le désert mais ils le font bien sur la Vuelta alors… Enfin, concernant la montagne je pense qu’il faut un bon vieux chrono en montagne. Qui ne rêve d’un bon vieux Puy de Dôme en chrono ? Là encore un problème : le Puy de Dôme serait impraticable (train apparemment passant sur la route) et le stockage serait impossible. Un chrono en montagne n’est plus envisagé a priori par les organisateurs, mais il pourrait relancer la course parce que sur un chrono en montagne, la course d’attente n’existe pas. 

Enfin, pour finir, interrogeons-nous sur la fin du Tour. Nous savons que la montagne la veille de l’arrivée ne donnera rien après l’échec du Ventoux. Mais cela peut fonctionner si l’on remet un chrono le dernier jour. Les coureurs se sachant limité sur un chrono pourront essayer de prendre du temps la veille. Pour certains, il ne faut pas toucher au sprint des Champs car celui-ci est mythique. Comment qualifier alors le chrono LeMond-Fignon ? Un bon vieux chrono de 30 bornes le dernier jour, pas plus, pour faire durer le suspense, parce que le dernier jour, cela devient vraiment ridicule. On part à 50 bornes de Paris et on roule à 20 à l’heure jusqu’à ce que le peloton arrive aux abords des Champs où un sprinter s’imposera. Mettons un sprint deux jours avant, une petite étape vallonnée la veille (dans les Ardennes?) et voilà. 

  

En définitive, voilà ce que je propose: 

  

- débuter par un chrono par équipe de 20-25 km 

- deux étapes juste après avec arrivée dans une petite côte ou bien côte à proximité de l’arrivée 

- Limiter les départs à l’étranger, rien de tel qu’un Grand départ d’une ville n’ayant jamais accueillie le Tour. 

- Plus d’arrivées en altitude. Je reviens sur les cols, le Semnoz près d’Annecy est terrible (16 bornes et de multiples virages), le Tour devait l’emprunter en 98 mais étape raccourcie à cause de la neige, les organisateurs ont oublié de revenir. 

- Un chrono en montagne pour donner sa chance aux non-rouleurs du dernier chrono de «plaine». En effet, un Rodriguez perdant 3 minutes sur 40 bornes pourra limiter la casse avec un chrono en montagne et une arrivée en altitude en plus (de là à reprendre 3 minutes pas sûr) 

- La veille, étape vallonnée ou bien retenter un col mais à mon avis seul un chrono le dernier jour pourra permettre une course de mouvement dans ce dernier col. 

- Un chrono le dernier jour donc avec arrivée sur les Champs, un petit Versailles-Paris? Le Giro le fait et le suspense est au rendez-vous. En 2010, Scarponi et Nibali se sont battus pour le podium. 

- En terme de règlement modifier le classement de la montagne et surtout un retour des précieuses bonifications au moins en montagne pour relancer l’intérêt de la course et éviter de voir les favoris se neutraliser au profit de «seconds couteaux». 

  

Nous verrons bien ce que va donner le parcours en juillet, mais je pense qu’à la vue des parcours des derniers Giro, les organisateurs vont réagir. La réforme devient nécessaire. On ne peut plus compter sur trois-quatre col mythique que l’on nous met tous les deux ans en alternance (Alpe d’Huez, Ventoux…). 

  

A bon entendeur! 

Sébastien De Cock. 

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